Quelques part entre avant et après

Génèse de cette mise en mouvement.

Nous avions quitté le cortège avant la nuit, sous la menace d’une grosse averse. On nous avait dis que les étudiants des beaux arts organisaient des soirées de soutien en parallèle de leur occupation des bâtiments. On y est allé par curiosité. En arrivant, la porte fermée ne nous permettait pas de rentrer. La jauge était atteinte. La pluie tombait. Il aura fallu qu’elle passe et nous détrempe pour pouvoir rentrer. Nous étions venus pour sans but et, une fois sous le grand porche, nous sommes restés là, à boire nos canettes en discutant. Val’ nous disait qu’elle partirai jusqu’en Thaïlande à vélo, que ça serait pour dans pas longtemps et qu’elle partirai avec Alex’ avec qui elles s’étaient dit il y a longtemps qu’elles iraient loin toutes les deux.

Les récits de mon amie faisaient écho aux souvenirs des chemins empruntés jusqu’à Athènes avec Lucas à l’hiver 2021. Alors j’ai songé à en faire autant. Je ne me souviens pas bien de l’épaisseur du brouillard qui planait sur ma tête au réveil de cette soirée, mais j’avais souvenir de l’enthousiasme avec lequel j’avais écouté les projets de mon amie et avec lequel j’avais affirmé que j’en ferai autant. Je me suis interrogé pendant quelques jours puis j’ai décidé que je partirai. Je n’en avais pas une envie irrépressible à l’époque. Mais j’étais une nouvelle fois volontaire pour balayer la stabilité de mon quotidien toulousain du revers de la main. L’assurance et le désir viendrai à mesure que je me ferai à cette idée du départ.

J’avais parlé de ce projet désormais acté aux copains de Blois. Un départ sans retour prévu. Un vélo, et la solitude. Ces futurs incertains produisaient sur certains de mes amis le même effet qu’ils avaient produit sur moi quand Val. m’en parlait.

Au port de la Creusille, à Blois, les ciels sont magnifique. Ils sont propices aux discussions importantes. Ils nous permirent à Lucas et moi-même de nous rendre compte que nous n’avions rien qui nous retenait et que nous pouvions remettre le couvert ensemble. Restait pour Lucas à apprendre à aimer faire du vélo.

Attendre dans ma cabane

Le départ était fixé au 10 septembre 2024, et j’avais décidé de partir un an et demi avant cette date et Lucas m’avait rejoins dans ce projet un an avant. Nous avons eu le temps d’y penser, et de fabriquer avec les souvenirs des voyages passés, des récits fantasmé émanants des routes suivies dans le futur.
Pressé de donner corps à ces fantasme, j’ai quitté mon travail en décembre et ma colocation en avril. J’ai commencé à dire au revoir à des personnes, à donner et à vendre mes affaires, à faire le tri dans mes vieux papiers pour me délester de tout sans pour autant partir. Je me souviens ce soir d’avril, où ma vie tenait dans deux sacs de voyage, comme à la vielle d’un départ. J’attendais dans ma cabane, au fond du jardin. Elle remplace la chambre que j’ai laissée à Jack. Le moment de partir n’est pas venu et je flotte comme un petit fantôme entre ce que je laisse derrière moi et ce vers quoi je marche. Pas encore parti mais déjà ailleurs.

Aujourd’hui, les choses s’accélère. Je dis au revoir à mes amis. Bientôt il sera temps de dire au revoir à ma famille. Quel chose absurde de quitter des gens qu’on aime et de l’avoir résolument décidé.

Faire semblant qu’on a oublier, se retourner et faire un vague signe. Si l’ami.e n’est pas assez loin, une étreinte – piège à larmes -. Puis partir sans trop d’expressions.

Laisser un commentaire