Bougie d’Urets

Port d’Urets

Lundi 8 juillet 2024 – probablement autour de 21h

Journée calme. Après le passage du portillon d’Albe, marche sur les flancs de plusieurs pics bordant une vaste vallée au centre de laquelle s’étale un large lac. Ici, une flaque d’eau. là bas, les vaches sont des petits points blancs reconnaissables au son de leur cloches.

Nous traversons une tourbière. Le pas se fait léger, le sac à dos ne pèse plus et le regard se perd dans le motif pesant des nappes rocheuses compressées et tordues il y a si longtemps.

Après un encas au bord d’un petit lac où flotte la dépouille d’un cervidé que les rapaces guettent depuis les airs, reprise de la marche en direction du col d’Urets. Petite ascension. Arrivée à 2500m d’altitude. Une construction en pierre sèches parmi les pierres sèches attire notre attention. C’est la cabane. Son plan est aussi rond que le poil à bois autour duquel elle est construite. La porte est difficile mais nous y serons bien.

***

Promenade parmi les vestiges miniers du col. Des rails serpentent encore à flanc de montagne. Partout de la roche plombée excavée, des vieux baraquements, et, ponctuant les pierriers, l’entrée de quelques vieilles galeries peu rassurantes. On s’y risque pour vingt pas. La lumière de nos téléphones ne suffisant plus ensuite, on rebrousse chemin.

Une source d’eau coule ici. On y rempli nos bouteilles. Puis, décision est prise de grimper au pic de l’Hom à l’azimut. Rude ascension mais nous découvrons bientôt une vue imprenable sur la France et l’Espagne qui ne sont bientôt plus qu’un pays; celui des montagnes.

Nous nous dirons plus tard que les frontières sont une chose bien absurde.
Les sommets touchent de si près le ciel qu’un.e athé.e y prierait. Nous le faisons. Pensée pour celleux qui ne sont plus là. Pout celleux qui restent et qu’on aime.

Rester trop longtemps avec celleux qui ne sont plus là, ça n’est pas bon. Alors on redescend.

***


Retour à la cabane. Une canette de bière trop lourde pour être portée nous attend. Nous la buvons. Nous fumons un peu. Nous entreprenons de replacer quelques pierres hasardeusement posées sur les murs. Élia lit. Bientôt nous mangeons une sorte de mélange que nous improvisons.
Un voile tombe sur les montagnes. Le vent souffle et balaye le col d’Urets.
La cabane tiendra encore cette nuit. C’est le poêle qui nous le murmure.

Rapide coup d’oeil à la flamme de la bougie dans la pénombre puis, par la petite fenêtre, aux sommets qui nous entourent, aux vallées lointaines aussi. Mes ami.e.s s’endorment. Il fait bon dans cette cabane. Je fini ma tisane, j’éteins la bougie, et m’en vais dormir à mon tour.

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