Elles sont là: dans nos sacoches. Au fond. Tapies à l’ombre du chocolat et des autres aliments que notre gourmandise réclame. Elles y restent comme un fruit éternel que rien n’altère.
Ayant poussées du printemps jusqu’à la fin de l’été, dans un verger oublié, elles nous attendaient. Quand les froids sont arrivés, elles se sont laissées tomber dans quelques touffes d’herbes sèches qui les réchaufferaient. Rouge, où jaune pâle, elles sont autant de petites perles que j’ai eu plaisir à chercher. Et au diable le poids. Elles valaient bien des efforts, les pommes.
J’en abandonnais derrière moi tout de même, m’en retournant presque coupable.
Mais enfin, il fallait que certaines restent au près. Si il venait à neiger, il faudrait bien que les oiseaux trouvent à manger.
Désormais, quand il fait froid et que le corps vient à fatiguer, elles sont là, mes « pommes au couteau ». Cependant, c’est moi qui ai le couteau… J’en coupe quatre grosses tranches que je croque franchement. Puis, je fini de sculpter une petite oeuvre avec les dents. Elle parle des souvenirs de l’enfance au jardin de la Chaussée. Enfin, au bord du chemin, je ne laisse de mon festin que ce petit trognon de pomme. Il renferme le secret de toutes celles qui poussent dans ce près.
Je tenais à vous remercier, les pommes. Au rang de celleux qui nous auront porté.e.s, malgré votre humilité, vous vous tenez.
Votre ami
Pierre


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