Chorégraphie n°1

Finir mon café le matin, c’est laisser place à la danse. Quoiqu’elle avait peut-être déjà commencé avant. Au réveil. Peut-être que tout n’est qu’une danse ici. Une chorégraphie du moins.

Laissant ma tasse vide devant la fenêtre du petit bureau, je me couvre, met mon couteau et mes gants dans la poche de ma veste. Je remet une buche dans le feu et sort.

Marcher vers l’étable. 

Les jours où je suis en pensées, je branche un écouteur pour que la chorégraphie soit une danse

Les chiens viennent me saluer. Je les contente d’une caresse affectueuse. En arrivant à l’étable je salue les agneaux qui viennent à ma rencontre à travers les barrières. Bientôt les bêlements rompent le calme matinal. 

  1. Premier mouvement – To give them hay

Prendre la fourche à trois crocs.

Ramener les restes de foin le long de l’étable, à portée de museau.

Dérouler la balle de foin.

En disposer le long de l’étable.

Quand je déroule cette balle de foin, je veille à la poule noire qui a l’habitude de pondre en se cachant dedans. Quand j’emporte tout le foin qui l’entoure et la couvre, elle fini par s’échapper à toute allure en poussant des cris. Veillant dans la charpente et sur les barrières de l’étable, les poules et coqs reprennent ses hurlements affolés en cœur. 

Mélanger les restes avec le foin frais.

J’ai l’habitude de donner aux brebis et moutons de bonne « portions » de foin. Sans cela, le foin est entièrement mangé avant que tout soit terminé. dans ce cas, je dois reprendre depuis le premier mouvement.

Face à l’enclos occupé par la partie du cheptel qui n’a pas de petits, dans la continuité de l’andin de foin; Enfourcher les restes de paille et les jeter dans l’étable en guise de litière. 

Dérouler la paille riche en épis de blés et la déposer le long de l’enclos. 

Aller chercher la grande brouette. 

Dérouler de nouveau la balle de foin. 

Charger le foin sur la brouette. 

Peigner les côtés de la brouette avec la fourche

La large brouette faisant la preuve de sa capacité a emporter gros dégueule de foin au chargement. J’en peigne les côtés à la fourche pour la soulager et ne pas en mettre partout.

Piquer le foin chargé avec la fourche.

Passer le manche sous le bras droit.

Emporter la brouette de l’autre côté de l’étable.

Disposer le foin en andin, le long des barrières, à portée de museau.

Mélanger avec les restes de foin éparpillés.

Retourner devant l’étable. Y laisser les outils.

Relever et renouveler les deux caisses de luzerne dans l’enclos dédié aux agneaux.

Marcher vers la partie extérieur du tunnel.

Y entrer par la barrière métallique en veillant à bien la refermer.

Faire rentrer les moutons et brebis sous le tunnel.

Fermer la barrière derrière eux.

Ouvrir l’enclos des brebis et de leurs petits occupant la moitié du tunnel. 

Maintenir la barrière de leur enclos ouverte avec la ficelle afin qu’ils profitent de l’enclos justement libéré. 

Quand l’enclos s’ouvre sur l’extérieur, les brebis et leurs petits se ruent au soleil, en délaissant les restes du repas servi plus tôt: quelques caisses de foins presque vides. Je subtilise alors les assiettes vides pour aller les re-remplir sans quadrupèdes dans les pattes. J’en profite pour remplir les mangeoires des petits de grains. 

Dans l’espace dédié aux agneaux, relever les deux corbeilles de luzernes. Les vider par dessus la clôture, dans l’enclos parallèle.

Contrôler la quantité restante de grain de maïs fermenté dans les mangeoires.

Sortir avec les caisses en plastique, et les déposer hors de l’enclos extérieur à coté de la balle de foin jouxtant le tunnel.

Sortir les six autres corbeilles en plastiques de l’enclos. Si besoin, les vider dans l’autre partie du tunnel. Toutes les corbeilles vides sont disposées en cercle autour de la balle de foin excepté deux.

Avec la fourche à quatre crocs, les remplir de foin.

Tasser en montant dedans de façon à bien les remplir.

Aller chercher de la luzerne à côté du tas de carottes avec les deux caisses restantes.

Revenir les déposer dans l’enclos dédié aux agneaux.

Effectuer trois aller-retour afin de disposer les six caisses de foin dans l’enclos associé.

Refermer l’enclos en s’assurant que tous le groupe y est entré à la suite du foin frais

Remplir les deux sceaux métalliques qui attendent au pied du tas de carottes.

En apporter un pour les deux vaches.

Flora me regarde en silence. J’avance sans qu’elle ne me quitte du regard. J’enjambe la clôture avec le sceau rempli de carottes en me concentrant pour ne pas prendre de châtaigne et pour ne pas renverser les carottes. La vache me suit pleine d’intérêt pour le contenu du sceau que je porte. Je le renverse sur le sol. L’autre vache est là, le museau dans les carottes tout juste éparpillées.

Le re-remplir.

Porter les deux sceaux jusque devant l’étable et les laisser en attente.

2. Deuxième mouvement – Going for grain

Prendre deux sceaux vides, la petite brouette et la pelle carrée.

Remplir la brouette de l’équivalent de deux sceaux de grain sec.

Se diriger ensuite vers le stock de maïs fermenté.

Déplier la bâche pour découvrir le maïs.

La bâche étendue sur le sol, je la rêve voile a repriser. Yato et Rubi la marque de griffures et de trous en jouant dessus, se prenant de temps à autre d’interêt pour ce que j’y fais, et ce jusqu’à ce qu’un morceau de ce « porridge » que je mélange ne leur finisse entre les dents.

Déverser devant le tas compacté le contenu de la brouette.

Faire un mélange homogène des deux ingrédients.

Remplir une première brouette.

En répartir le contenu dans les neuf mangeoires.

Retourner au point de départ et remplir la brouette une nouvelle fois.

Remplir les deux sceaux d’un mélange comportant plus de maïs fermenté que de grain.

Les déposer sur la brouette remplie.

Refermer la bâche en la pliant et en veillant à sceller le pli avec des pneus.

Laisser la brouette pour aller à la remorque de carottes.

Monter sur la remorque et déverser autour des carottes sur le sol avec la pelle. 

Retourner à la brouette et l’emporter jusqu’à l’étable.

En retournant en direction de l’étable, la roue de la brouette dit sa lassitude d’un crissement strident. Bientôt le bruit des bêlements recouvre sa complainte. Plus l’étable est proche, plus le troupeau, bruyant semble menaçant. Les brebis sentent l’odeur acre du mélange de maïs. Elles en sont folles.

3. Troisième mouvement – Feeding them all

Rentrer dans la petite chambre dédiée aux agneaux et remplir la mangeoire de grain mélangé.

Ressortir, remplir de nouveau le sceau du mélange contenu dans la brouette.

Se saisir des deux sceaux de carottes, les jeter dans le premier enclos à brebis.

Profiter de la diversion pour entrer dans l’enclos avec le sceau de grain. 

Le déverser rapidement dans les mangeoires.

Rester ferme et fort face aux brebis qui se ruent par dizaines et poussent.

La diversion avec les carottes n’a qu’un effet très limité. Le très léger bruit du verrou, perdu dans le brouhaha a à l’inverse un effet immédiat. Si tôt passé la porte avec le sceau de grain, les brebis se ruent. Les bêlements raisonnants et le mouvement de la masse vivante est impressionnant. Elles se poussent et me poussent, compressent mes jambes. Je veille à ne pas tomber et joue des coudes avec elles pour les servir.

Ressortir de l’enclos bouillonnant, emporter la brouette, les sceaux vides et la pelle et les déposer le long du tunnel, auprès de la porte en bois de l’enclos.
Appeler un tiers, ouvrir la porte et rester ferme à l’angle de celle-ci, devant le troupeau qui s’élance dehors.
Les moutons et brebis quittent l’étable. On dirait la ligne de départ d’un marathon. Les animaux s’élance en groupes compacts. Ils soulèvent la poussière. L’un d’entre nous les suis.

Entrer dans l’enclos qui jouxte le tunnel avec la brouette. 

Remplir les quatre mangeoires qui s’y trouvent. 

Faire rouler la brouette sous le tunnel. 

Fermer la barrière en bois. 

Ouvrir la barrière de l’enclos aux brebis et leurs petits. 

Sortir.

Se rendre au tas de carottes, y remplir les deux sceaux métalliques pour les vider dans l’enclos libéré par les mères et leurs petits. Renouveler l’opération deux fois. 

La dernière fois, les carottes sont jetées dans les deux enclos restants. 

Prendre le sceau de grain restant pour aller remplir de grain les mangeoires du deuxième enclos aux agneaux le cas échéant. 

Contrôler les robinets des abreuvoirs. Les ouvrir à sec. 

Donner du grain aux mères qui viennent de donner naissance. 

Quand les brebis donnent naissance, elles sont misent dans un petit enclos avec leur(s) petit(s) pour faciliter le soin qu’elles doivent leur apporter à l’abri du tumulte du groupe. 

Vider un sceau de grain dans les mangeoires pour chaque enclos restant.

Récupérer la fourche à trois crocs.

Disperser les restent de paille jetés plus tôt dans l’enclos pour créer une litière fraiche et homogène. 

Sortir de l’étable avec la brouette et les sceaux de grain.

Faire rentrer les brebis et leurs petits sous le tunnel et fermer derrière elles.

Ouvrir le portail en bois pour permettre au troupeau étant dehors de rentrer. 

Siffler ou crier pour rappeler les moutons et brebis sortis.

Aider à faire rentrer le groupe dans l’enclos.

Fermer la barrière en bois.

4. Quatrième mouvement – Doing the water

Se diriger vers la maison.

Faire les raccordement des tuyaux, puis ouvrir l’arrivée d’eau.

Redescendre à l’étable.

Y prendre un sceau et le remplir à l’un des deux robinets.

Remplir les abreuvoirs non raccordés.

Répéter les allés retours jusqu’à ce que tous les abreuvoirs soient remplis à ras-bord.

(Ne pas oublier les vaches).

Remonter à la maison couper l’arrivé d’eau. 

Débrancher tous les tuyaux et les vider. 

Je veille à ce qu’il n y ai pas d’eau dans la tuyauterie pour qu’elle ne gèle pas la nuit. 

Entamer la chorégraphie suivante.

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