Aller dans le noir

On ne sait l’automne approchant qu’à cette teinte subtile que prennent les arbres encore vert à la fin de l’été et à la fraîcheur des nuits. Quelques feuilles seulement se sont déjà hasardées à prendre leur vol dans leur soir chlorophyllien. Destinées à la terre comme les vieux dans les cimetières, elles ne meurent pas mais deviennent. Il n y a pas d’atomes sur cette terre qui disparaissent. 

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Se détacher n’est pas chose simple. Si fort est le désir de liberté, la volonté vacille devant l’abîme d’incertitudes qui se déploie au devant. Un coup de vent nous emporte. On dit au revoir aux nôtres en sachant l’étendue qui nous sépare désormais d’eux. La géographie de l’Indre se mêle aux géographies d’ailleurs lointains dans une toile de fantasmes qui brouille l’esprit. On se demande si les étoiles seront les mêmes là-bas de l’autre côté. Craignant notre propre mort, on prévoit tout. Où seront nous demain ? Et la semaine prochaine ? Les questions sont multiples et appellent des réponses que nous cherchons. Et l’on s’impose des choses. Il faut dessiner, écrire ! Faire.  

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J’ai venté tant de fois la beauté de la liberté. Pourtant, venant à moi comme une amie qui toquerait à ma porte un soir pour me dire de laisser ici quelques vieilles habitudes et agitations, j’hésite. Je n’ai pas appris à marcher les yeux bandés. Je me dis cependant, que si désormais je dois aller dans le noir, ralentir me permettra de ne pas tomber. Ainsi, je dois me méfier de mon vélo. Il pourrait devenir un subterfuge de mon inconscient pour m’employer à rouler et ainsi à combler les continents d’incertitudes qui s’étalent devant moi. Compter les kilomètres parcourus, les frontières traversées, les personnes rencontrées. Faire, toujours.

« L’allumeur de réverbère »

Crayons de couleur sur papier, 14x21cm, juin 2024

Les premiers jours à travers ces paysages familiers et cette halte chez Thérèse nous laissent entrevoir cette difficulté que nous avons à nous laisser aller dans l’incertain. 

Eprouvant quelques doutes, je me rappel combien toutes les situations où les craintes m’ont tenues, devinrent les pierres d’angle de mon identité. Alors, je me promet d’apprendre à marcher dans le noir, et comme une feuille, à danser dans le vent. 

Réponse

  1. Avatar de Godest

    Merci pour ta plûme, elle me permet de savoir où tu es, ce que tu fais mais aussi, en me laissant porter par le flots de tes mots, d’être avec toi et d’entendre ta voix me compter tes aventures comme si tu étais là.

    Inspiré et aimant,

    ton frère.

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